24/08/2013

Après deux jours de combats, la coalition FARDC/FDLR a dû se replier loin de la ligne du front. Encore ce matin, un obus est tombé sur Goma en tuant une femme. Sur les origines de ces frappes meurtrières les déclarations sont divergentes et le M23 fait appel au Secrétaire général de l’ONU pour une enquête internationale indépendante.

After two days of fighting, the coalition FARDC / FDLR had to retreat away from the frontline. Just this morning, a shell fell on Goma, killing one woman. On the origins of the deadly strikes statements are divergent and the M23 calls the Secretary General of the UN for an independent international investigation.

(24 / 08 / 2013)

Les combats à Kanyaruchinya – qui ont démarré le 21 au soir pour reprendre la journée du 22, entre les forces du M23 et celles de la coalition FARDC/FDLR – se sont intensifiés hier, vendredi 23 août 2013, dans l’après midi. Les soldats du camp gouvernemental ont à nouveau essayé de forcer la ligne de front jusqu’à 20 heures, lorsqu’ils ont été obligés de se replier sous la pression de l’infanterie des insurgés. Celle-ci a poursuivi les loyalistes jusqu’au bourg de Munigi, à la périphérie de Goma, où sa progression s’est arrêtée. « Nous n’avons pas l’intention d’occuper l’espace au-delà de la ligne de front tracée en accord avec les pays de la Conférence international de la région des Grands Lacs (CIRGL) suite à notre évacuation de Goma en fin novembre dernier », a déclaré par téléphone à l’Agence d’information un représentant du département de la Communication du M23. Cette percée au sud de ses positions de l’Armée révolutionnaire congolaise (ARC) – l’aile militaire de la rébellion – a été par ailleurs confirmée par d’autres sources, proches de la dite “Société civile” du Nord-Kivu.

Aujourd’hui, à 4 heures du matin, une autre offensive des gouvernementaux avec leurs alliés des forces génocidaires, sur le front de Mutaho, s’est soldée par un nouvel échec. Dans leur fuite, et comme dans le cas précédent, les FARDC/FDLR en débandade ont commis nombreux pillages sur la population civile – fidèles à leurs habitudes. A 7h49, un obus est encore tombé à Goma – le douzième en 48 heures – dans le quartier rwandophone de Ndosho, devant le portail de l’Eglise Saint Fransisco Xaverio, en tuant une femme. Des épisodes de chasse aux Tutsi ont aussi été enregistrés en ville au cours desquels une femme aurait été décapitée par des inconnus. Nous nous réservons de fournir son identité dans une prochaine dépêche.

Et la Monusco ?

Quid de la présence de Brigade d’intervention (BI) dans ces derniers combats ? Hier matin, le porte-parole de la Mission onusienne en RDC (Monusco), le très martial lieutenant-colonel Prosper Félix Basse affirmait à Radio Okapi : « La force de la Monusco a pris toutes les dispositions idoines en engageant les positions du M23 à l’artillerie par la Brigade d’intervention en soutien aux FARDC. » Citées par l’Agence France Presse (AFP), des « sources militaires occidentales » auraient fait état de la présence d’artilleurs sud-africains de la BI dans les combats. Cependant, Siphiwe Dlamini, porte-parole militaire du contingent sud-africain en force à la BI, a affirmé à l’agence Reuters que les soldats de la RSA n’ont pas participé aux affrontements.

Et le Rwanda ?

Les deux dernières journées ont été également occupées par une intense activité diplomatico-médiatique. Le 22, le ministère de la Défense de la république du Rwanda a accusé avec un communiqué les forces régulières de Kinshasa (FARDC) d’avoir « d’une manière délibérée » frappé le village de Bugu, situé en territoire rwandais. Le lendemain, dans une conférence de presse à Kinshasa, Lambert Mende Omalanga, porte-parole du gouvernement congolais, a accusé Kigali de "crimes de guerre" pour être à l’origine des bombes tombées à Goma le jeudi 22 août.

Soulignons ici que Kinshasa est ainsi en contradiction avec le colonel Basse qui, lui, accuse le M23 d’avoir tiré les obus. Par ailleurs, le site Soleil du Graben, proche de la rébellion, rend compte d’une expertise sur ces projectiles qui ont fait quatre victimes civiles. Il s’agirait de bombes lancées à partir d’un mortier de 107mm, qui n’est pas en dotation dans l’arsenal du M23 et qui est le même d’où est parti… l’obus atterri en territoire rwandais.

A Paris, le porte-parole adjoint du ministère des Affaires étrangères, Vincent Floreani, a déclaré que la France « condamne en particulier les attaques perpétrées par le M23 contre les populations civiles et les installations de la Monusco, qui constituent des “crimes de guerre” ».

Appel à une enquête internationale

Dans une lettre adressée dans la soirée du 23 au Secrétaire général de l’ONU et aux chefs d’Etat de la CIRGL, Bertrand Bisimwa, président du M23, dénonce les bombardement de Goma comme autant d’ « actes d’assassinat que le Gouvernement Congolais conduit contre les habitants de la ville de Goma dans l’unique intention de forcer la main de la Brigade d’Intervention… à entrer en action contre nos forces ». Il a ensuite ajouté, sur twitter, que « si le gouvernement congolais n’a rien à se reprocher dans le bombardement de la ville de Goma ce jeudi 22 août, il devrait relayer l’appel du M23 aux Nations Unis pour l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ces assassinats de nos compatriotes ».

Panique à Goma

Dernière minute. Pendant que nous écrivons, confusion totale à Goma : les soldats défaits des FARDC/FDLR sont en ville, où les gens manifestent en cortèges (à Birere, à Ndosho…) dispersés par la police à l’aide de gaz lacrymogènes et de balles réelles.

L’AGENCE D’INFORMATION

Mis en ligne par L’Agence d’information
 24/08/2013
 https://www.lagencedinformation.com/040-les-bombes-de-goma.html
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Two important attacks against the M23 have been launched on july 21 and 22, lead by the FARDC, and failed to move the frontline, despite heavy shelling and the help of helicopters and infantery. The war of information is still raging about this battle as its extension and intensification prohibit prognosis.

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Three and a half months after the end of hostilities between the government and the M23, war, militia violence and ethnic cleansing are still current in North Kivu. The killing of rwandophones civilians, in Nyamaboko, and Fardc soldiers in Bukombo, by a coalition of extremist groups supported by the authorities of the province, are not mentioned in the national press or in Kinshasa’s official statements, Monusco issuing no more than a terse statement. This attitude betrays the responsibilities of power that is reluctant to get rid of hawks responsible for insecurity and ethnic hatred in the eastern region of the Democratic Republic of Congo.

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