29/12/2014

Deux cartes officielles parvenues à l’Agence d’information dévoilent la désinformation gouvernementale sur les dossiers de Beni et du désarmement des FDLR

Two official maps have been sent to L’Agence d’information, that unveil the governmental misinformation about the Beni events and the disarmament of the DFLR

29 / 12 / 2014

On vient de recevoir par une source de la « Société Civile » du Nord Kivu, qui a voulu garder l’anonymat, deux cartes du Nord-Kivu, dont la lecture immédiate est en soi un démenti cinglant des propos gouvernementaux sur la situation sécuritaire dans cette province de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).
Dans la première, sont indiqués les lieux des tueries qui, depuis le début du mois d’octobre, se sont soldées entre 250 et 300 victimes civiles, ainsi que les positions de la mission onusienne (MONUSCO), y compris celles de la Brigade (FIB). Dans l’autre, il s’agit des zones de déploiement des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et de la MONUSCO.
En effet, la carte concernant les massacres du Grand Nord — qui continuent à être officiellement (de la part de Kinshasa et de la « communauté internationale ») attribués aux rebelles ougandais de l’ADF en dépit de tous les indices et les témoignages s’opposant à cette piste — montre bien que les attaques se sont déroulées tout au long des axes routiers liant les agglomérations les plus importantes et à proximité des bases de la MONUSCO. Les trois les plus meurtrières en particulier (avec 20, 28 et 49 victimes) [1] ont été perpétrées en une zone occupée par deux positions des Casques bleus et par une caserne des soldats tanzaniens de la Brigade.
Cela ne correspond pas aux nombreuses déclarations du porte-parole du gouvernement, Lambert Mende Omalanga, qui veut situer les tueries en des zones très éloignées des centres urbains et distantes des positions de l’armée et des Nations unies. Comme pour en justifier l’inaction, source d’un profond malaise près des populations endeuillées.
Rappelons que, dans son point de presse de vendredi 19 décembre, le même ministre de la Communication et Médias, Mende, avait parlé du « territoire rural de Beni  » ou de « certains hameaux reculés de Beni rural  » pour désigner les endroits choisis par les mystérieux assaillants pour accomplir leurs forfaits. La carte, dont notre source n’a pas voulu révéler l’origine (mais sur laquelle il n’est pas difficile de se faire une idée…), prouve le contraire : les gens ont été massacrés tout près des centres urbains et dans un territoire hyper militarisé.

PDF - 425.7 ko

La deuxième carte illustre également une situation que le gouvernement essaye de minimiser ou même de nier. Les groupes appartenant aux diverses mouvances des FDLR (Foca, Rud et Soki) — on en compte une trentaine — sont en plein déploiement et pas du tout découragés par la présence massive de la MONUSCO, dont, au moins sur papier, les forces semblent encercler celles des rebelles hutu rwandais. Et cela alors qu’à Kinshasa, les officiels parlent de repli en vue de la démobilisation de la part de cette force négative qui devrait rendre les armes le 2 janvier prochain. Sur le terrain, le contraire est en train de se produire, où ce groupe est dangereusement près de la frontière rwandaise.

PDF - 709.8 ko

On lit sur The East African du 27 décembre, dans un papier signé par John Prendergast et Sasha Lezhnev de l’ONG Enough Project, que les combattants des FDLR « sont en train de se regrouper, de développer leurs commerces pour l’achat de nouvelles armes et de mobiliser des soutiens politiques ».
« Si les autorités congolaises ont la volonté de pacifier ce pays, elles doivent traquer de force ce groupe armé », à déclaré aujourd’hui à Radio Okapi Descartes Mponge, président de la « Société Civile » du Sud Kivu.
Ce que le gouvernement de la RDC ne dit pas, ni ne veut entendre.

El Memeyi Murangwa et Luigi Elongui pour l’Agence d’information

[1La carte sur les ADF n’est pas mise à jour

Mis en ligne par L’Agence d’information
 29/12/2014
 http://www.lagencedinformation.com/080-adf-fdlr-les-contreverites-de.html
Sauf mention contraire, droits de reproduction et diffusion autorisés selon la licence Creative Commons Attribution BY-SA 4.0

Les habits neufs de l’empire
Guerre et désinformation dans l’Est du Congo

Acheter en ligne (Aviso éditions)


 En savoir plus

PDF 425.7 ko

 adf_incidents_in_beni_area.pdf

PDF 709.8 ko

 fdlr_map.pdf

Voir aussi

Un exemple de la confusion entretenue au Kivu

 Ci-dessous un document : il s’agit d’un article de Radio Okapi, l’agence d’information de l’ONU spécialisée sur la crise des Grands Lacs. A relever la légende de (...)

Ci-dessous un document : il s’agit d’un article de Radio Okapi, l’agence d’information de l’ONU spécialisée sur la crise des Grands Lacs. A relever la légende de la photo qui illustre cet article, qui incrimine le M23 alors que l’article rend compte des déplacements de population qui sont le résultat d’affrontements entre FDLR et Maï Maï. Dans la légende de la photo, le M23 est simplement substitué aux FDLR. De même, le titre de l’article parle de "rebelles rwandais" laissant planer l’ambiguïté, le M23 étant généralement qualifié de "rebelles", et associés au Rwanda. Le glissement sémantique est subtil, mais caractéristique du traitement de l’information dans cette affaire du Kivu.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 18/08/2013

René Abandi : « La France est à la tête d’un axe qui prône la solution militaire (...)

 René Abandi est le ministre des Affaires étrangères du M23 et le chef de la délégation de son mouvement présente à Kampala, en Ouganda, où se déroulent les (...)

René Abandi est le ministre des Affaires étrangères du M23 et le chef de la délégation de son mouvement présente à Kampala, en Ouganda, où se déroulent les pourparlers de paix avec Kinshasa. Après l’avoir joint par téléphone à Nairobi, au Kenya, où il a été invité comme observateur du M23 à la réunion en cours de la conférence internationale de la région des Grands Lacs, il a bien voulu accorder une interview à l’Agence d’Information.

Cette haute personnalité de l’opposition politico-militaire au gouvernement de la République démocratique du Congo confirme l’engagement de son mouvement dans la recherche d’une voie pacifique pour un arrêt définitif des combats. Mais il dénonce en même temps la volonté de reprendre la guerre de la part de Kinshasa et de la MONUSCO.

Mis en ligne par L’Agence d’information

 2/08/2013

1998 : Appel à la haine anti-Tutsi par Abdoulaye Yerodia

 En 1998, Abdoulaye Yerodia Ndombasi, alors Ministre des Affaires étrangères de Laurent Désiré Kabila, tenait des discours très virulents, appelant les Congolais (...)

En 1998, Abdoulaye Yerodia Ndombasi, alors Ministre des Affaires étrangères de Laurent Désiré Kabila, tenait des discours très virulents, appelant les Congolais à "l’auto-défense", les encourageant à exterminer les populations congolaises et étrangères désignées comme agresseurs ou soutiens "infiltrés" des agresseurs – les rwandophones et les Tutsi (rwandais et congolais).

Mis en ligne par L’Agence d’information

 21/10/2013