29/05/2017

Davantage qu’un allié, Luanda s’impose comme la puissance tutélaire de Kinshasa. Le 17 mai un accord de coopération bilatéral américano-angolais était conclu à Washington, aux termes duquel l’armée angolaise serait chargée de rétablir l’ordre en RDC, au Burundi et en République centrafricaine.

26/05/2017

« La situation en RDC constitue un problème très grave, comme en témoigne l’évolution actuelle de la violence dans les régions du Kasaï et du Kasaï central, qui a entraîné la [récente] migration [de populations du Kasaï en Angola], les crises humanitaire et sanitaire, avec des conséquences incalculables. » Au-delà du langage diplomatique, les paroles sonnent comme un avertissement. C’est le ministre angolais de la Défense, Joao Lourenço – successeur annoncé du président Dos Santos –, qui les a prononcées, en conclusion des discussions avec ses homologues de la Conférence internationale de la région des Grands lacs (CIRGL). Discussions qui se sont tenues mercredi 24 à Luanda, suite à une semaine de tensions entre les deux pays.

Une semaine auparavant, le 17 mai, l’Angola était seul pays africain invité par les USA à une réunion stratégique sur la RDC et le Burundi au Pentagone, réunion à l’issue de laquelle était signé un accord de coopération militaire bilatérale avec Washington, en vue du rôle que Luanda doit jouer dans les crises en Afrique centrale et dans les Grands lacs. Le lendemain, la Commission militaire américaine à la Chambre des représentants autorisait le Pentagone à une importante fourniture d’armes à l’Angola. « Nous sommes engagés à essayer d’aider les pays des Grands lacs pour trouver la paix dont ils ont besoin, en particulier la RCA, qui vit une situation d’instabilité qui dure depuis plusieurs années, mais aussi la RDC et le Burundi », déclarait à cette occasion Joao Lourenço. Silence officiel de Kinshasa et titres à la une de la presse congolaise : « Luanda, nouveau gendarme de la sous-région ? »
Trois jours plus tard, dimanche 21, à 2h du matin, l’infanterie angolaise avec artillerie lourde et tanks se déployait à la frontière ouest de la RDC avec Luanda.

Est reproché aux autorités congolaises un usage de la violence excessif contre la rébellion de Kamwina Nsapu – qui implique des tribus transfrontalières –, et l’exode qui s’ensuit de populations du Kasaï vers l’Angola. Est également critiqué le refus du président Kabila de nouer un dialogue véritable avec l’ensemble de l’opposition. Ce qui crée un état de révoltes endémiques dans le pays, avec des risques de contagion à l’échelle régionale.

Les réactions à Kinshasa sont les mêmes : bruits médiatiques et aphonie du côté gouvernemental.

Allié historique de la RDC depuis la prise de pouvoir de Laurent Désiré Kabila en 1997 et « faiseur de roi » quatre ans après pour avoir propulsé à la tête du pays voisin le fils de ce dernier, Joseph, l’Angola a opéré un brusque revirement en décembre 2016 lorsqu’au lieu de démissionner, comme la fin de son mandat le prévoyait, Joseph Kabila a décidé de se maintenir au pouvoir, au terme d’un long bras de fer avec l’opposition. C’est à la police et à la Garde républicaine qu’était alors confiée la répression de toute forme de contestation – les manifestations étant étouffées dans le sang. Luanda, qui s’occupait de la formation de ce deux corps, a pris aussitôt ses distances et retiré tous ses militaires dès avant la fin de l’année.

Il s’agirait d’un véritable tournant de la politique angolaise – dû aussi à la montée en puissance de l’actuel ministre de la Défense, nouvel homme fort du pays. Les événements de ces dernières semaines, avec les bruits de bottes à la frontière, semblent bien le confirmer. Ce 29 mai, interviewé par Christophe Boisbouvier sur les ondes de RFI, le ministre angolais de l’intérieur, M. Tchikoti, a critiqué les déclarations de Kinshasa sur la crise au Kasaï, et s’est dit favorable à une enquête internationale sur la situation dramatique des droits de l’homme dans la région et le meurtre il y a deux mois de deux experts de l’ONU qui enquêtaient sur les nombreux charniers identifiés. Rappelons quant à la mort de Zaida Catalan et Michael Sharp qu’il y a une présomption de culpabilité des services de sécurité de la RDC. [Voir article]

A noter également, suite à l’évasion spectaculaire de la prison de Kinshasa le même 17 mai où l’accord américano-angolais se concluait à Washington, que des rapports d’ONG font état de 500 morts, recensés on suppose en grande partie parmi les prisonniers, alors qu’on enregistrait 4500 évasions. 17 mai où Kabila aurait largement préféré fêter plus sereinement l’accession de son père au pouvoir il y a vingt ans.

L’Agence d’information

Mis en ligne par L’Agence d’information
 29/05/2017
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Two important attacks against the M23 have been launched on july 21 and 22, lead by the FARDC, and failed to move the frontline, despite heavy shelling and the help of helicopters and infantery. The war of information is still raging about this battle as its extension and intensification prohibit prognosis.

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Three and a half months after the end of hostilities between the government and the M23, war, militia violence and ethnic cleansing are still current in North Kivu. The killing of rwandophones civilians, in Nyamaboko, and Fardc soldiers in Bukombo, by a coalition of extremist groups supported by the authorities of the province, are not mentioned in the national press or in Kinshasa’s official statements, Monusco issuing no more than a terse statement. This attitude betrays the responsibilities of power that is reluctant to get rid of hawks responsible for insecurity and ethnic hatred in the eastern region of the Democratic Republic of Congo.

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