7/04/2015

Un gradé s’est suicidé le dimanche de Pâques à cause des exactions à fond "tribal" de ses collègues contre la population et une embuscade qui a coûté la vie ce matin à trois officiers témoignent d’une spirale sanglante largement prévue et qui s’installe dans ce territoire de l’Est. Qui tire les ficelles ?

An officer committed suicide on Easter sunday because of the "tribal-based" exactions from his colleagues against the population and an ambush that cost the life of three officers this morning, witness of a bloody spiral mostly foreseen and that’s setting up in the eastern territory. Who’s pulling strings ?

07 / 04 / 2015
Dans son édition du 30 mars, l’Agence d’information avait titré Chaos en gestation à l’Est et annoncé l’avènement d’une coalition de groupes armés aux finalités obscures dans le territoire du Masisi, dans le Nord Kivu. Force promotrice de l’alliance, l’APCLS du « général » Janvier, une milice à dominance hunde avec de solides relations la liant à des hommes politiques locaux appartenant à la famille politique du chef de l’Etat. Pendant la réunion fondatrice, les objectifs de ce regroupement hétéroclite avaient été mis à jour : « la revendication des accords pris dans le passé avec le gouvernement, la lutte contre toute agression des Rwandophones et contre les attaques des forces gouvernementales, l’exploitation des minerais dans leurs zones respectives afin de se ravitailler en armes et munitions et la préparation et l’accompagnement des politiciens de leur communauté pendant les échéances électorales ». Dans le sous-titre du papier, on avait indiqué les éventuels apprentis sorciers : « les réseaux d’élite politico-économiques liés au gouvernement et certains haut gradés proches de la maison militaire du chef de l’Etat ».
Bref, un parfum de déstabilisation, de chaos programmé pour des fins inavouables. De quoi craindre le pire, en somme. Et le pire est en train de se manifester. Deux faits tragiques viennent de défrayer la chronique à Masisi. Pour rendre compte du premier, nous reproduisons le papier qui lui a consacré Le Soleil du Graben d’il y a deux jours :

« Effarouché par les exactions de ses collègues contre la population civile, un officier FARDC se donne la mort dans le territoire de Masisi.
Le Major Joseph Ruganirwa s’est donné la mort ce dimanche de Pâques, 05 Avril 2015, après avoir assisté impuissant aux nombreuses exactions menées par les militaires de son unité contre la population civile Rwandophone dans le territoire de Masisi. Selon certains de ses collègues qui ont requis l’anonymat, c’est depuis plusieurs jours que le major Joseph Ruganirwa, officier de Forces Armées de la République Démocratique du Congo basé dans le Masisi, se plaignait auprès de sa hiérarchie du comportement de ses collègues militaires vis-à-vis des personnes civiles appartenant à la communauté Rwandophone. Il avait rapporté à ses supérieurs des cas d’homicides, viols, pillages et tueries des bétails, destructions méchantes et autres voies des faits dirigés contre les Rwandophones de Masisi et tous ceux qui prenaient leur défense. Il avait évoqué dans ses correspondances, selon les dires de ses collègues, « une expédition punitive sélective et permanente sans justification ». Mais ses plaintes sont restées sans suite à telle enseigne que cet officier a fini par faire l’objet de moquerie de la part de ses collègues. Incapable de garantir, seul, la sécurité de ses compatriotes et contrarié par le silence de sa hiérarchie, le Major Joseph Ruganirwa ne sut s’empêcher de conclure à la complicité de ses supérieurs dans lesdites exactions. Très tôt ce matin de Pâques, après avoir pris son bain, le Major Joseph se rendra dans la cour de sa résidence, arme à la main, s’assiéra sur un banc, griffonnera quelques mots sur un bout de papier justifiant l’acte qu’il allait poser et portera le canon de son AK47 sur la partie saillante du visage située sous la bouche, le menton, pour se tirer une balle qui ressortit de la partie supérieure de sa tête avant de s’écrouler par terre gisant dans un bain de sang ». Le Major Ruganirwa est originaire de Mulenge dans la province du Sud-Kivu, il laisse derrière lui une veuve et six orphelins ».

Ajoutons comme seul commentaire, qu’étant le protagoniste du geste un rwandophone lui-même qui n’avait pas adhéré au M23, mouvement revendiquant parmi ses objectifs la non-discrimination des rwandophones, l’épisode en dit long sur l’état de désarroi dans lequel verse une partie des populations du Kivu.
Le deuxième épisode a eu lieu ce matin à cinq heures près de Kibati, selon l’une de nos sources, hier lundi 6 avril, selon Radio Okapi, près de Migango, deux localités qui se trouvent dans le territoire de Masisi. Un convoi des forces régulières (FARDC) a été objet de tirs de roquettes qui ont tué le colonel Bawili, un lieutenant colonel et un capitaine. Une troisième source indique que l’embuscade aurait eu lieu à deux kilomètres d’une position militaire.
Sur la nature des assaillants, l’hypothèse FDLR — les rebelles hutu rwandais sévissant dans l’Est — a été avancée par les autorités. Si elle ne peut pas être exclue, on sait également que les diverses unités des FARDC opérant dans la zone agissent désormais de manière autonome et avec des liens spécifiques avec les groupes armés, y compris les FDLR. Ce qui crée un climat de rivalité sur le contrôle du territoire et la gestion des ressources. Et une dynamique perverse, de plus en plus meurtrière.
Luigi Elongui

Mis en ligne par L’Agence d’information
 7/04/2015
 http://www.lagencedinformation.com/092-rdc-congo-derives-meurtrieres-a.html
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Mis en ligne par L’Agence d’information

 14/06/2013

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Depuis plusieurs jours, court, enfle, se répand par de multiples voix, une nouvelle figure de diabolisation du M23 : il aurait recruté des shebbabs, des intégristes musulmans de Somalie, et pour un peu deviendrait la nouvelle antenne d’Al Quaeda au cœur du Kivu.

Morceau d’anthologie, l’article de Colette Braeckman, publié sur son blog. D’après l’armée congolaise, les attaques en cours dans le Beni seraient le fait d’une alliance de Maï Maï et de l’ADF-Nalu ougandaise, nous dit-elle. Mais elle y voit néanmoins confirmation de la prédiction du gouverneur Julien Paluku : celui-ci annonçait que des Shebbabs attaqueraient.

Plus sérieusement, un rapport de l’ONU, daté du 20 juin 2013, décrit les troupes de l’ADF sans évoquer de shebbabs – mais n’en est pas moins ajouté comme éléments à charge. De toutes façons, cette présence serait confirmée par les "services d’informations burundais et ougandais" et par des "sources policières" congolaises.

Mais "d’autres sources policières", interrogées par Braeckman, "mettent également en cause le mouvement M23"… Une "preuve" ? Le chef du département jeunesse du M23, Ali Musagara, serait "de confession musulmane". Il aurait ainsi non seulement des prédispositions pour le djihad international, mais de plus des "facilités pour recruter au sein de sa communauté". Pire encore : "le président de la communauté musulmane du Nord Kivu serait proche du M23"...

La journaliste note entre parenthèses que "la communauté musulmane de Goma connaît une rapide expansion". Ainsi, contre le M23 l’antitutsisme ne suffit plus – il est vrai que la plupart de ses membres ne sont pas Tutsi –, la xénophobie anti-rwandaise marche moyennement – il s’agit manifestement d’un mouvement nationaliste congolais. Alors ils pourraient aussi bien être islamistes ?

Il ne manquait plus que cette plume à l’épouvantail parfait que la propagande dresse par touches pour tenter de justifier de cette guerre injustifiable.

L’Agence d’Information

Mis en ligne par L’Agence d’information

 14/07/2013

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« Pour débarrasser le Rwanda d’un autre prétexte fallacieux sur la présence des réfugiés congolais sur son sol, le Gouvernement va travailler pour un retour rapide de nos compatriotes en respect des règles du HCR (haut commissariat aux réfugiés) et en impliquant étroitement les notabilités locales. Pour mettre fin aux manœuvres dilatoires justifiant le non-respect de la feuille de route de Luanda, l’Angola se chargera avec le facilitateur Kenyatta de notifier au M23 les décisions du mini-sommet d’Addis-Abeba et sa mise en œuvre immédiate ».
— Patrick Muyaya

Mis en ligne par L’Agence d’information

 21/02/2023

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