3/07/2013

Evasions de prison, apparitions de nouveaux fronts politico-militaires : les adversaires du pouvoir de Joseph Kabila se multiplient, à l’heure où l’ONU prétend le renforcer.

Jailbreaks, emergence of new political and military fronts, opponents of Joseph Kabila multiply, at a time when the UN claims to strengthen it.

02/06/2013

Ce matin à 4h, la prison Kangwayi de Beni, dans le Nord Kivu, a été attaquée par un groupe de combattants désignés comme Maï Maï par la radio des Nations unies Okapi, qui en relaie l’information.

Après avoir affirmé que « les miliciens étaient armés de machettes, de couteaux et de quelques armes individuelles », l’émetteur onusien fait état d’« une résistance des forces de sécurité » aux ordres du colonel Richard Bisimaza, commandant du 1er secteur des Forces armées de la RDC (FARDC).

Néanmoins… 250 détenus se sont évadés, puis rendus insaisissables avec les assaillants, environ une centaine.

Quelques heures plus tard, à Kinshasa, les prisonniers de Makala, parmi lesquels nombreux opposants politiques, se sont révoltés pour protester contre la violation de leurs droits par le directeur de l’établissement, un haut gradé des FARDC. Les policiers et les militaires intervenus pour réprimer le soulèvement ont lancé une grande quantité de gaz lacrymogènes dans le périmètre de la prison.

48 h auparavant au pénitencier de Munzenze, à Goma, capitale du Nord Kivu, une tentative d’évasion de 500 prisonniers, des militaires pour la plupart, qui réclamaient leurs soldes arriérés et protestaient contre la lenteur de leurs procédures judiciaires, a été maîtrisée par l’Armée.

Plus inquiétant pour les autorités, l’épisode de Beni pourrait signifier l’ouverture d’un nouveau front dans le “Grand Nord” du Nord Kivu, alors que les territoires de Bunagana et Rutshuru, dans la partie méridionale de la province, sont sous contrôle de la rébellion du M23. Si l’identité des assaillants de Kangwayi n’est pas certaine, ceux-ci pourraient appartenir, selon une source locale, à l’Union pour la réhabilitation de la démocratie du Congo (URDC) du Général Hilaire Kombi, qui recrute dans la communauté Nande, majoritaire dans la province, et est soutenu par de nombreux hommes d’affaires et politiques locaux.

Il y a six jours, à Butembo, dans le “Grand Nord”, les autorités à la recherche de Kombi avaient fait perquisitionner la maison de l’opposant Mbusa Nyamwisi, président du RCD-K-ML, actuellement en exil en Afrique du Sud, et qui a récemment vu invalidé, pour absentéisme, son mandat à l’Assemblée nationale.

L’URDC, dont les membres sont en majorité issus de l’ancienne branche militaire du RCD-K-ML, est également alliée à l’Union des patriotes du Congo pour la paix (UPCP) du Général Sikula Lafontaine, un groupe politico-militaire qui agit dans les territoires limitrophes de Lubero et de Bunyatenge.

Dimanche dernier, par ailleurs, les rebelles ougandais de l’ADF-Nalu ont occupé les localités de Mamundioma et de Totolito situées à 45 Km de Beni.

[Source : l’Agence d’Information]

Mis en ligne par L’Agence d’information
 3/07/2013
 http://www.lagencedinformation.com/015-un-nouveau-front-au-nord-kivu.html
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Three and a half months after the end of hostilities between the government and the M23, war, militia violence and ethnic cleansing are still current in North Kivu. The killing of rwandophones civilians, in Nyamaboko, and Fardc soldiers in Bukombo, by a coalition of extremist groups supported by the authorities of the province, are not mentioned in the national press or in Kinshasa’s official statements, Monusco issuing no more than a terse statement. This attitude betrays the responsibilities of power that is reluctant to get rid of hawks responsible for insecurity and ethnic hatred in the eastern region of the Democratic Republic of Congo.

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